« C’est à cause que tout doit finir que tout est si beau. » *

MA chanson de la semaine : Vintage Red de Jay jay pistolet, un petit bijou anglais tout frais sorti d’un petit studio de Notting Hill, pour mettre de bonne humeur tout simplement.

Après m’être ressourcée dans cette région italienne si magique qu’est Cinqueterre, je fis un séjour éclair de trois jours à Paris. Cela resta suffisant pour connaître quelques dernières heures inoubliables avec Clark Kent, mais aussi pour partager des moments plus tranquilles avec mon père devant des vieux épisodes de Friend et en mangeant baguette, rillettes de saumon et pièce de bœuf saignante (sans oublier le verre de champagne pour l’apéro bien sûr!).  J’ai eu l’impression d’être retombée en adolescence, lorsque ton papa fait ta vaisselle tous les soirs et te prépare des repas que ton palet se souviendra toute sa vie. Mais à présent, en étant plus adulte et je pense mature, en plus de me faire choyer par mon paternel chéri, je pouvais discuter en égal et vraiment connecter avec lui.

Et puis je partis pour ma dernière destination, Londres! Un peu plus nordique et de réputation plus pluvieuse que les autres endroits visités mais comme j’y allais pour visiter ma meilleure amie et ancienne coloc (snif!) Scarlett et son fiancé, Mister G.; il n’y avait pas besoin qu’il fasse chaud pour que je sois heureuse. Alors je suis montée pour la cinquantième fois du mois dans un train, mais cette fois-ci, très rapide (2h pour atteindre le centre Londonien!) et surtout très dangereux car quand même, je suis passée en dessous de la manche. Alors que je pensais angoisser au moment de l’entrée dans le tunnel, pouf! je me suis endormie d’un coup! Au retour, je me suis promise de garder les yeux ouverts, on ne sait jamais si je peux apercevoir un petit poisson…

Scarlett m’attendait, toute joyeuse et pareille à elle-même. Bon, j’imaginais bien que la vie londonienne n’avait pas encore déteint sur elle après seulement 3 semaines mais cela faisait à peine quelques heures que je marchais dans les rues de la ville et j’avais déjà remarqué à quel point c’était tout un autre monde! Non seulement on conduit à gauche (ce qui est très bizarre et j’ai eu du mal à m’y adapter puisque je manquais de me faire écraser chaque fois que je traversais la rue) mais en plus, les gens s’habillent d’une façon très excentrique (et là encore, le mot est très faible…) J’ai vu toutes les couleurs de cheveux inimaginables, des gens qui sortent à moitié en pyjama mais avec des talons aiguilles, du rayé mélangé avec des petits pois, du orange sur du vert et au milieu de tout ça, des centaines de gens en costume cravate très chics. J’ai visité des palais royaux et des églises victoriennes après avoir traversé le pont du millénaire. J’ai mangé français, turque, indien et un brunch anglais bien copieux. Je suis rentrée dans une boutique Burburry avec des manteaux à 1000 livres et  qui faisait jouer en fond sonore du Bloc Party. J’ai bu un soir des grosses pintes de bières en écoutant de la musique électronique hyper moderne alors que le lendemain, j’ai pris le « tea time » typique avec scones et petits sandwichs. J’ai été énervée par la circulation des voitures et je me suis réfugiée dans des parcs immenses où on croise des canards, des oies et des perdrix. J’ai étouffé dans le métro « tub » à des milliers de kms sous terre et j’ai respiré en prenant les bus rouges à 2 étages qui donnent une vue incroyable sur Londres. Et puis surtout, j’ai connu le gros soleil épanoui, suivi tout de suite par la petite pluie glaciale (surtout qu’intelligente comme je suis, je n’avais pas pensé à mettre ni chaussures fermées ni chandails dans ma valise).

J’en ai donc conclu que Londres se définit par ses contrastes. Une ville qui reste fière de ses valeurs traditionnelles et nobles tout en étant devenu le lieu le plus branché du monde. Une ville où les lords peuvent côtoyer des punks sans que personne n’en soit surpris. Une ville hautement surprenante où tu peux vivre calmement sans qu’on vienne te coller une étiquette permanente basée selon ton apparence. Une ville où je pense que Scarlett, ma petite artiste originale mais si classique, va se plaire sûrement. Et dire qu’au départ, Mister G. voulait aller étudier à Pittsburg… Ça donne tout de suite une connotation un peu moins cool!

Et puis, il a fallu se dire adieu. Nous avons traîné à la gare une petite heure encore ensemble, en souvenir de ces longues journées à flâner sans but dans les couloirs de l’école lorsque nous étions toute jeunes. Lors de nos déambulations dans les halles chics de St-Pancras, nous avons remarqué  un bar à champagne. Par curiosité, j’ai regardé le menu et c’est là que je suis tombée sur une merveille : un magnum datant de 1985, notre année de naissance. Alors, en chœur, nous nous sommes donnée rendez-vous dans cinq ans pour la déboucher là au comptoir du bar et que nous trinquerions à nos 30 ans et surtout, à notre réussite (parce que rendus là, évidemment, nous allons avoir tout achevé ce que nous voulions accomplir) ! Donc, voilà le compte à rebours est commencé, il ne reste plus 4 ans et 11 mois et quelques jours pour pouvoir économiser 600 pounds (et oui, un magnum de cette année ça se mérite!)….

Mais bon, évidemment que nous allons nous revoir d’ici là, seulement, ça ne m’a pas empêchée de pleurer au moment de grimper dans le TGV.  Des adieux, des adieux et encore des adieux.  Décidemment, ce voyage me fait vivre des moments inoubliables et inouïs  mais en même temps, comprend son lot de tristesse.

Le temps d’un dernier souper familial copieux et hilarant, je suis rentrée à Paris, devenue comme ma maison pendant 1 mois. Puis, j’ai du finalement remonter dans l’avion direction Montréal. Je commençais à connaître un peu le mal du pays mais ce fut très dur de me résoudre à quitter tous ces gens que j’aime. La tête remplie de souvenirs forts mais avec une grosse migraine, j’ai recommencé à travailler à la caisse dès le lendemain de mon retour. Je ne me sentais plus tout à fait la même…

À suivre : Mais que s’est-il passé dans la Petite Italie avec mes deux chères petites colocs Dorothy et Pénélope pendant mon absence?

*Charles-Ferdinand Ramuz

« Il m’est égal de lire que les sables des plages sont chauds, je veux que mes pieds nus le sentent. »*

MA chanson de la semaine : On melancholy hill de Gorillaz à écouter les pieds dans la sable.

Et puis,  j’ai eu envie de m’échapper de cette frénésie parisienne. J’ai quitté tout le monde, famille et amis et j’ai mis de côté ma vie sociale trépidante le temps de quelques jours d’escapade en Italie. J’avais besoin de souffler, de prendre une pause. Parce que ça a l’air drôle à avouer comme ça mais rester socialement active, ça épuise ! Toujours parler, donner des nouvelles à tous, écrire des milliers de textos, des messages privés ou non sur facebook (« quoi ? tu n’as pas répondu encore ? Mais ça fait 22h33min que  je t’ai écris ! »), devoir sortir alors que tu as envie de te cacher sous la couette, boire parce qu’il faut maintenir une réputation de fêtarde, draguer parce que tu ne veux pas te retrouver toujours célibataire à 30 ans… Bref, j’étais fatiguée depuis quelques semaines mais la vie parisienne avait fini par m’achever. Trop de voiture, trop de métro, trop de gens… Et même les bisous dans les parcs n’avaient pas réussi à me faire oublier que j’avais besoin d’un peu de tranquillité.

Direction Cinqueterre : un parc national patrimoine de l’Unesco où se trouvent cinq petits villages de pêcheurs et vignerons sur cinq monts au bord de la mer et ses voiliers blancs. Un rêve quoi…  et pour moi toute seule ! Alors, j’ai mis le stricte minimum dans un sac de voyage ( pas besoin de se faire belle pour la Méditerranée, elle m’aime comme je suis) et j’ai dit « Ciao ! » à tout le monde. On se revoit dans cinq jours, comptez pas sur moi pour donner des nouvelles, je n’aurai pas d’ordi, ni de téléphone là-bas ! Le rêve, je vous dis !

Mais attention ! Cinqueterre, ça se mérite et pour y arriver, il m’a fallu une journée entière de petit train : le genre de train qui s’arrête chaque cinq minutes pour ramasser les gens en maillot de bain partis se baigner dans le village d’à côté. Du coup, l’enchantement a commencé dès le sud de la France. Pour une québécoise qui sortait de plusieurs mois d’hiver aride, un trajet au bord de l’eau devient magique : des palmiers, des vagues scintillantes, du sable, des criques et du ciel bleu à perte de vue. J’ai même pu apercevoir des petites fesses bien rondes d’un couple qui bronzaient nus sur un rocher. J’ai beau avoir peint ma petite chambre en bleu pour me donner l’illusion de revivre les étés joyeux de mon enfance dans le village provençale de ma grand-mère, la mer m’avait cruellement manquée ! Alors tout le long des 12h de trajet, j’ai gardé les yeux grands ouverts devant ce paysage ensoleillé.

J’ai fini par arriver dans la minuscule  gare de Montorosso, le premier des villages et celui où j’allais dormir, et mes premiers pas en sortant du train, m’ont coupé le souffle. Je me trouvai face à un coucher de soleil sur l’eau avec de l’autre côté, une pleine lune qui se préparait à prendre sa place. Un vrai cliché de carte postale ! Une chance que j’étais seule… à deux, cela aurait été beaucoup trop romantique

Après avoir déposé mes bagages dans ma petite chambre (je me suis sentie comme chez moi !!) avec balcon, j’ai couru me rassasier de bouffe italienne.  Premier repas inoubliable sur une terrasse avec gnocchi au pesto, poisson grillée à l’huile d’olive , verre de vin blanc et limoncello pour digérer le tout. J’ai essayé de me rappeler des conseils de Julia Robert dans Eat, Prey, Love : il faut manger doucement et savourer chaque bouchée. Je ne sais pas si ça a un effet bénéfique sur le tour de taille, de manger lentement, mais en tout cas, c’était bon ! Et puis je suis allée dire bonne nuit à la mer qui faisait joujou avec la lune, aussi éclatante que le soleil, et je me suis écriée « Tabernouche que j’ai de la chance !! »… je pense que je vais me beaucoup me parler seule pour les prochains jours.

Cependant, je n’étais  pas venue en Italie pour bouffer seulement des pâtes. Non, mes fesses ne me le pardonneraient pas. Ainsi, les cinq villages sont réunis par des kms de sentiers à travers les collines. Des heures de montée et descente. Des centaines de marches en pierre aussi pénibles à monter qu’à descendre. Mais pendant l’effort, la vue était grandiose : la mer bleutée se mélangeait avec l’horizon de la même couleur.  Comme le parcours reste assez fréquenté par les touristes, j’ai croisé toute sorte de gens. Y’a des couples qui se disputent en marchant, y’a les vieux qui marchent avec des bâtons de ski, y’a les italiens qui crient fort à leur ami déjà rendu au sommet, y’a celles qui font ça habillées pour sortir en club, y’a celles qui au contraire portent les grosses chaussures, le short sans forme et le sac à dos bien rempli, y’a les américains qui comparent tout à leur pays, y’a ceux qui apparemment n’ont pas choisi de se trouver là car ils soupirent de désespoir à chaque pas, y’a les grosses qui suent leur vie, y’a les familles qui font ça avec leur bébés ( !!??!!), y’a ceux qui ne regardent jamais autour d’eux car ils prennent trop de photos, y’a ceux qui disent bonjour à chaque personne qu’ils croisent..etc.…

Et puis, il y a moi, qui ai grimpé tout ça toute seule comme une grande et rapidement en plus ! J’ai connu certains moments pendant lesquels j’ai eu envie de tout stopper et de me laisser mourir là, sans bouger ; au moins, j’aurais eu une belle vue lors de mon dernier soupir, Mais, je me suis dit que c’était bête de prendre des photos sans pouvoir les montrer à mes amis, histoire qu’ils deviennent tous jaloux ! Alors j’ai continué gaîment ! Et le moment magique a été lorsque je suis arrivée au bout du parcours, le 1er jour d’effort, et que je me suis assise sur un banc de la gare ; j’ai bu une gorgée d’eau fraiche, enlevé mes chaussures de marche et j’ai croqué dans un focaccia tomate-mozzarella. J’ai cru mourir de plaisir… comme quoi, je suis quand même une fille simple à combler ! J

Mais forcément lorsqu’on voyage seul, on vit certaines frustrations même dans un endroit paradisiaque.

Première frustration : Une batterie de ipod ne dure pas une semaine. Oui, je sais, c’est logique mais pour ma défense, je suis à moitié blonde alors je suis partie dans l’illusion que mon ipod allait me tenir compagnie tout le voyage mais au bout du périple en train, il s’est éteint. Très énervant pour une accro à la musique et j’ai du réapprendre à écouter le silence. Desfois, j’allumais la télé pour entendre un autre son que les vagues mais la seule chaine en français était TV5 monde. Je suis devenue très intelligente à la fin de mon séjour ; j’ai appris des tas de choses sur le monde et j’ai, du coup, gagné quelques neurones malgré ma moitié-blondeur.

Deuxième frustration : Quand tu te trouves face à une merveille de la nature, tu as furieusement envie de t’exclamer à quelqu’un : « Mon dieu que c’est beau ! ». Seulement, à côté de moi, il n’y avait presque jamais personne. J’ai senti quelques fois une présence s’approcher et je rêvais de me retrouver face à un italien sexy et bouclé qui me répondrait : « Rien n’est aussi beau que toi, ma chérie » et il me demanderait en mariage sur le champ et me ferait 4 enfants. Mais malheureusement, la présence s’est toujours avérée être un vieil allemand ou un gros suédois et comme je ne suis pas si désespérée dans ma solitude, je faisais des conversations silencieuses avec mon sac à dos. Il n’est pas très réceptif mais c’est mieux que rien.

Troisième frustration (dans la même lignée que la précédente) : Les endroits touristiques attirent les couples.  Les habitants le savent et en rajoutent pour leur plaire. Par exemple il existe  entre les deux derniers villages, un sentier appelé « via del’amore ». J’ai compris pourquoi sans savoir parler italien : le sentier est si large et facile que les amoureux peuvent se tenir la main sans gêner les vrais marcheurs, frustrés devant tant de lenteur. Et puis, à un moment donné, il y a un joli tunnel, construit à même la colline, avec des petites lucarnes donnant sur la mer. Un joueur d’accordéon a alors entamé un vieil air italien. Grand moment magique avec mon sac à dos. On va s’en rappeler toute notre vie et le raconter à nos petits enfants. On a même gravé « We were there 2011 » sur la pierre.

Bon je vais arrêter d’écrire ces frustrations superficielles. De un, car j’étais quand même dans un des endroits les plus beaux du monde et ça, qu’on soit seule ou mariée depuis 20 ans, ça reste quand même une chance de l’avoir contemplé une fois dans sa vie. De deux, car tous les après-midi, lorsque j’allais m’écraser telle une baleine en maillot de bain rouge (mais tout en faisant des clapotis dans l’eau transparente), je me faisais draguer par des hordes d’italiens en speedo. Seulement, aucun des ces mâles virils n’avaient de charme à mes yeux. Et oui, quand un Clark Kent vous attend impatiemment à Paris, vous devenez tout de suite plus difficile…

Mais est venu malheureusement le matin de départ. À 6h du matin, prête à subir 13h de train jusqu’à Paris, j’ai dit adieu à la mer majestueuse sous la lumière du soleil levant. J’ai trempé mes pieds une dernière fois dans son eau et je lui ai promis (en croyant dur comme fer ce que j’avançais) que j’allais revenir bien vite la voir. Ce n’est pas vrai que je vais vivre deux ans encore sans voir de bleu….

À suivre : Londres, here I come baby !!!

*citation de André Gide

« Le coeur de Paris, c’est une fleur, Une fleur d’amour si jolie Que l’on garde dans son coeur, Que l’on aime pour la vie. » Charles trenet

MA chanson de la semaine : This is a love song de Lilly Wood and the Prick parce que c’est branché, glamour et original comme Paris.

Je suis donc redescendue sur Paris après 1h de train assise à côté d’un belge encore plus ennuyant que la comptabilité mais qui ne comprenait apparemment pas mes signaux polis pour le faire taire. Dans la capitale française, outre ma sœur  Katye et mon père, que je vois quand même deux fois par an, j’ai eu droit à quelques retrouvailles émouvantes.

Ça a commencé avec la magnifique Uma, ma copine de plage du Lavandou, le village de ma grand-mère. Je l’ai connue en construisant des châteaux de sable, puis j’ai bu mes premiers cocktails de bières et connu mes premières amourettes de vacances et enfin, aujourd’hui, nous avons discuté bébé, mariage et engagement en tout genre en buvant du thé au jasmin. Bon, c’est vrai qu’on a aussi eu un apéro qui s’est terminé à 3h du matin après avoir vidé pas mal de bouteilles de vin de toutes les couleurs. La voisine s’est même déplacée en pyjama rose et grosses pantoufles pour nous faire arrêter la musique. Comme quoi, les choses ne changent jamais complètement.

J’ai aussi revu mes cousins et cousines que je croise tous les 2- 3 ans depuis ma naissance mais avec qui je rigole toujours autant. L’humour douteux et le rire facile semble de famille (tout comme le penchant pour la bouteille d’ailleurs…)

Et puis enfin, j’ai passé du temps avec Clark Kent, avec qui j’avais toujours gardé contact depuis Montpellier grâce à Internet. Mais, les échanges virtuels, ça ne compense jamais le réel, et j’étais vraiment contente de pouvoir lui parler autrement qu’à travers des abréviations typiques de l’écriture sur les chats. Avec Clark Kent, ça a toujours été compliqué et trouble mais étrangement, nullement cette fois-ci. Peut-être avons-nous vraiment muri. La vieillesse a des côtés positifs si c’est pour donner de la sagesse et un certain contrôle des excès inutiles. Il m’a amenée en banlieue parisienne et je précise que la périphérie parisienne reste bien plus sympathique que l’idée que j’ai de celle de Montréal (désolé pour les adeptes de Brossard, Laval et compagnie…) Franchement, je ne pourrais même pas préciser à coup sur où s’arrête Paris et où débutent les autres villes, tant le paysage architecturale se ressemble et que la seine se trouve toujours là au centre de tout. Seulement, il a fallu monter dans un train qui circule tous les dix minutes et du coup, oui c’est plus long que quand tu vis en plein centre de Paris, mais au moins ça laisse plus de temps aux amoureux de s’échanger des petits bisous, collés dans un coin du wagon. Pratique, quoi! On est sorti aussi en plein centre de Paris et on a vécu la belle vie: des tournées de cucarachas avec des tapas, du japonais avec une coupe de champagne à l’apéro, de la pizza avec un jus oasis à 500 calories et même un Subway de 15 centimètres avec un coca-cola zéro! J’ai été traitée comme une reine, chose que nous, les québécoises, nous avons perdu l’habitude d’apprécier alors que la galanterie, ça fait quand même bien plaisir de temps en temps (message subliminal destinée aux lecteurs masculins de ce blog…!) Beau gros cliché que celui de vivre une romance de vacances à Paris! Mais quelques fois ça fait du bien de ne pas se poser trop de questions philosophiques et d’accepter d’être l’héroïne principale d’un beau petit film romantique…mais les « summer love », ça fait quand même mal quand il est rendu le temps des adieux devant la bouche d’un métro….

Finalement pour résumer Paris en quelques lignes ce fut : des déambulations sur les grands boulevards haussmaniens, du soleil, du tourisme béat devant tant de splendeur et d’histoire, des apéros au champagne et au vin aussi (faut bien alterner), du mcdo à 2h du matin, du shopping dans des magasins bondés même le lundi matin, des lunchs en terrasse et du coup des coups de soleil sur les épaules, des macarons très chers « mais bon, il parait qu’ils sont bons », du bruit, du bruit et du bruit, des dîners à 22h parce qu’il faut attendre les retardataires et que de toutes façons ce n’est pas branché de manger plus tôt, du marc du bourgogne de 1916 qui brûle tout dans l’estomac (« ah dis-donc, j’ai bien digéré la côte de bœuf ce soir ! Je ne comprends vraiment pas pourquoi. »), mon papa qui me promène dans toute la ville en voiture et qui s’exclame devant chaque pierre alors que moi je baille, j’ai faim, je veux manger mon steak à cheval chez Hyppopotamus, une soirée hyper bizarre dans un squat hyper bizarre avec des gens hyper bizarres, des câlins dans les parcs, du métro et encore du métro, des chaussures oubliées et qui ont beaucoup fait jasé ( pour rien) , des après-midi dans le marais avec Katye à discuter de tout et de rien,  des sushis (ah…ça c’est pareil qu’à Montréal en fait, ils ne sont pas originaux ces parisiens!), de la bière bue sur les quais en plein après-midi,  des soirées nostalgiques devant canal + de l’époque de notre cohabitation avec Katye, du thaïlandais et puis, un constat final et général : mais ils sont fous ces parisiens de vivre à l’année dans une ville épuisante pareille!!!

À suivre : en parlant d’épuisement, je me suis enfuie de tout une semaine pour méditer dans le sud. Plage, mer, soleil et aussi beaucoup beaucoup de train….

« Comme tout ce qui compte dans la vie, un beau voyage est une oeuvre d’art. »

MA chanson de la semaine : 40 day dream des Edward Shape and the magnetic zeros pour aller joyeusement se balader de l’autre côté de l’océan.

Et fut venu le temps des adieux dans la coloc de la petite Italie. Scarlett nous quitta pour de nouvelles aventures dans le pays des Beatles et de Radiohead. Je ne m’attarderai pas sur son départ; aucun mot ne saura traduire ce que j’ai ressenti lorsque j’ai du lui dire aurevoir mais pour l’instant, je vis encore dans le déni de son absence; comme si j’allais la retrouver dans quelques jours et non pas dans plusieurs mois.  Cependant sa chambre ne resta pas longtemps vide car dès le soir de son départ, Pénélope installa son drôle de matelas roulé dans sa chambre et sa petite plante de menthe dans la cuisine. Je n’ai pas eu beaucoup de temps pour m’adapter à cette nouvelle habitante  dans notre château (mais on a quand même pu lui montrer notre tradition des apéros et des soirées télés entrecoupées de fous rires bruyants); je suis partie deux jours plus tard fêter dignement la fin des mes études en Europe. J’avais devant moi 26 jours pour redécouvrir le vieux continent : j’en avais déjà des frissons!

Je me suis donc dirigée vers l’aéroport un mardi 3 mai pluvieux et très frisquet  ( vive le printemps québécois!) avec une grosse valise et une angoisse au ventre : mon retour en Europe 3 ans après ma décision de redéménager au Québec pour reprendre des études, allait-il bien se passer?

Dans l’avion bizarrement, j’ai pleuré doucement en regardant l’avion décoller au dessus des lumières de Montréal. Était-ce une grande fatigue accumulée, la conscience que je vivais là les derniers moments libres de ma jeunesse ou bien la tristesse de quitter mon cellulaire avec mon abonnement textos illimités et mon ordinateur portable pendant 1 mois…? Je n’ai jamais compris pourquoi mais dès que les larmes ont cessé de couler,  je me suis endormie profondément. Quand je me suis réveillée, j’étais arrivée à Paris…

Mémoire d’une jeune voyageuse dérangée

Bonjour Paris! Il fait beau, presque 20 degré de plus qu’à Montréal,  je vais rejoindre les gens que j’aime et merci à ce charmant couple de Sutton qui m’a donné leur coupe de champagne (par pitié de voir une jeune fille voyageant seule?) car grâce à eux, j’ai dormi comme une masse et  je suis à peine fatiguée en sortant de l’avion. Mais avant de m’attarder dans la plus belle ville du monde selon Woody Allen, j’ai birfurqué vers Bruxelles, la capitale européenne, rejoindre une copine de prépa montpelliéraine. 4 ans qu’on ne s’était pas croisé; notre amitié n’a pourtant pas pris une ride et nous avons eu 2 jours intenses pour récupérer le récupérable.

Au menu : des fous rires,  des fraises, des beaux monuments dont je me fous un peu au grand dam de mon amie, des lilas géants qui m’épatent plus que le parlement, des grosses frites belges aux oignons, de la bière, une énorme cuite au vin rouge, des danses ridicules d’encouragement, du thé vert sur la grande place, du chocolat qui a mystérieusement disparu de retour à Paris, d’autres retrouvailles avec un ami colombien devenu un grand financier en costard-cravate, un texan qui portait une chemise rose, un barman sympathique mais qui collait un peu trop sur les photos (à moins que ce soit moi qui l’ait invité?.. Perte de mémoire due à la cuite au pinard) et pour finir une invitation pour un mariage sous les cocotiers à l’été 2013. Qui sait que serons nous devenus d’ici là?…

À suivre : après ce préambule bruxellois, je suis redescendue dans le centre du monde (selon les parisiens….) et je suis devenue une spécialiste de ce fameux métro qui petite, me faisait très peur…  Mais bon j’ai fait d’autres choses aussi à part circuler dans le train souterrain, quoique j’y aie quand même perdu beaucoup de temps…!

« Ce n’est pas la fin. Ce n’est même pas le commencement de la fin. Mais, c’est peut-être la fin du commencement. »

MA chanson de la semaine : Ce soir de Monogrenade parce que cette chanson transcrit plein d’émotions contradictoires.. un peu comme dans ma tête en ce moment.

C’est fini. J’ai achevé aujourd’hui 7 ans intenses d’université.  Et je suis là assise dans un café, quelques minutes après avoir écrit ma dernière ligne argumentative dans un examen et je regarde la pluie glaciale tombée qui n’arrive pas à ternir mon bonheur présent.  Je ne suis même pas capable de ressentir de  la nostalgie envers ces douces années étudiantes qui se terminent, car il ne reste en moi que de la place pour une excitation extrême. Excitation devant ce qui m’attend à présent, excitation à la pensée de tout ce que je vais découvrir. La vraie vie commence maintenant et je suis pleine d’espoir. Peut-être je possède tant d’espoir parce que  mon futur proche au complet reste à écrire et que rien ne sera plus jamais comme avant. Tout devra forcément être mieux, non ?  

Dans 10 jours, Scarlett nous quitte. Déjà, on sent le bousculement dans l’appart qui a été transformé en camion de déménagement tellement on y trouve de cartons.  Les placards et les bibliothèques se sont vidés rapidement  et  devant ce pillage, je me suis rendue compte de deux choses. Premièrement que je ne possède pas grand-chose de matériel finalement mais que Scarlett, par contre, en avait accumulé énormément (et que cela nous a bien aidé à survivre cette année !). Pourtant, je vis en appartement depuis plus longtemps qu’elle… c’est là qu’on perçoit à quel point nos personnalités diffèrent : Scarlett la posée et stable contre la Betty spontanée et légère. Mais ça va être difficile, je pense, à me réhabituer à ne pas détenir dix couteaux de cuisine différents et des casseroles de toutes les tailles.

Deuxièmement,  toute cette frénésie de déménagement m’a rappelé celui qu’on a vécu il n’y a même pas un an et je  n’ai pas pu m’empêcher de remarquer à quel point le temps avait passé si vite.  La coloc de la Petite Italie tire à sa fin alors qu’elle ne vient juste de débuter.  Il est temps de nous séparer alors que nous venons juste de mettre les pieds dans cet appart éclairé mais si délabré.

Par conséquent, ces derniers jours nous avons accumulé  les « dernières fois » ; ce genre de thématique qui te donne juste envie de pleurer pendant toute la soirée.  Par exemple, nous sommes sortis au Rouge, Scarlett, Jessica, notre bonne, bonne amie du secondaire,  et moi. Nous nous sommes faits escortées tout le long par une bande d’italiens excités, Scarlett s’est fait remarquer par un barman qui s’inquiétait pour sa déshydratation et  j’ai rencontré un ingénieur du Bénin qui m’a attrapé au vol pour me faire danser. Il sentait bon et il savait mettre à l’aise, tout en me collant à m’en étouffer et nous nous sommes échangés nos numéros. On verra bien quand ma vie sera un peu plus calme… !

Et puis, nous sommes retournées  manger au restaurant de nos proprios, là où la nourriture est aussi appétissante que les serveurs qui l’apportent. En fait, nous sommes avons voulu découvrir cette mine d’or d’hommes à la remplaçante de Scarlett, une jolie petite espagnole, Pénélope.  Nous lui avons présenté un serveur, en particulier  qui nous  sert depuis la toute première fois. Il est rendu presque intime… sauf qu’on ne sait toujours pas son nom par contre. Nous étions un peu déçues car finalement, nous étions tombées sur une serveuse qui n’avait pas comprise que les sous-vêtements sont faits pour être « sous » les vêtements alors nous avons inventé des prétextes tout au long du repas pour le faire venir nous aider :

« Il manque du poivre », « Ah non pas ce poivre, celui en moulin » «  De l’eau, SVP » «  Avez-vous internet dans le resto » «  Vous êtes beau avec vos nouvelles bouclettes» «  J’habite juste en arrière, je pourrais vous attendre après votre service … »

 Non les deux dernières phrases n’ont jamais été prononcées pour de vrai mais ont été pensées par nous toutes. Seulement chaque fois qu’il nous regardait, on perdait tous nos moyens et nous redevenions des adolescentes écarlates, gauches et nous gloussions sans fin. Ah, le pouvoir de séduction de certains hommes…

À suivre : beaucoup trop de choses… !

« Si vous voulez une place au soleil, il faudra vous résigner à supporter quelques coups de soleil. »

MA chanson de la semaine : Jump on my shoulders de Awolnation à écouter pour se donner de l’énergie.

Et puis j’ai craqué.  Je suis fragile moi ! Je n’en pouvais plus de stresser devant l’avenir mais aussi devant le présent. J’étais fatiguée de courir après tout, entre la vie sociale, la famille la préparation de ma future vie active et mon travail peu motivant de la caisse. Moi, qui cours pourtant deux à trois fois par semaine, j’avais un point de côté devant tous ces petits tracas. J’ai décidé de partir en solo, sur un coup de tête, dans la capitale, Québec. Deux heures et demi de route pour m’isoler dans une foule de touristes excités par le soleil pourtant froid, et pour surtout, retrouver mon souffle. Là-bas, j’ai marché beaucoup, mangé avec appétit et bu du bon vin rouge en carafon. J’ai dévoré un livre entier, une histoire de passion destructrice et sombre brésilienne, et je suis venue à bout des milliers de chansons de mon Ipod. Je me suis fait draguer par des vieux ivrognes mais aussi par des jeunes me croyant étrangère. Cependant, peu importe l’âge, tous avaient la même tactique pour m’aborder, c’est-à-dire de commenter stupidement ma lecture. J’ai discuté avec une japonaise émerveillée par la neige, un québécois détestant les touristes dans sa ville, un barman français s’excusant constamment de m’envahir mais incapable pourtant de se taire et un jeune boutonneux qui mangeait des chips sel et vinaigre pour le déjeuner. J’ai aussi échangé des regards malicieux dans un bar avec un gentleman barbu. Mais gênée, je n’ai pas osée briser la glace et il semblait avoir trop bien compris le message qu’une fille qui lit dans un endroit public, ne veut pas se faire aborder. Je me suis promise une chose : c’est   surtout de lâcher mon livre tout de suite lorsque je croiserai  mon futur mari. Ça serait bête de le rater à tout jamais et de rester vieille fille pour la vie, seulement pour avoir été  impatience de finir un chapitre !

Et,  au milieu de toutes ces rencontres incongrues, j’ai réfléchi. Ça fait du bien parfois de prendre le temps de cogiter. Habituellement, on se tourne vers les ordis ou les cellulaires trop rapidement. C’est si simple d’envoyer un texto pour fuir la solitude ou de changer son statut sur facebook pour se donner l’impression qu’on n’est pas vraiment seul. Mais là, à Québec, je n’avais à ma portée rien de tout ça et j’ai pu profiter des joies toute simples de la méditation. Cependant, le dimanche, j’ai bien du revenir à l’appart et retrouver la réalité stressante du moment. J’étais contente par-contre de raconter mes péripéties à mes colocs. J’oublie souvent, quand la compagnie des autres me pèse,  ma chance inouïe d’avoir des amies qui m’attendent constamment chez moi.

Pendant la semaine qui suit, j’ai replongé dans la routine travail, travaux, cours, gym, dodo. Scarlett était de son côté, très occupée, avec les préparatifs de son  grand départ et Mister G, qui lui avait fait la surprise de débarquer de Londres pour l’aider pendant une semaine. Dorothy et moi avons donc passé plusieurs soirées dans le canapé, à regarder des épisodes de Sex and the city sans vraiment les écouter mais plutôt à se remémorer avec douce nostalgie de nos premiers instants dans l’appart en juillet, quand il faisait chaud et que nous découvrions tout avec innocence.

Mais samedi matin, petite surprise agréable ! Le printemps a fait enfin son apparition. Je deviens folle dans ces cas-là, je sors en petite veste en cuir et j’abandonne mes foulards, alors qu’il ne fait que 10 degré, et je souris au gros soleil. Et surtout, j’abandonne complètement mes études ; comment se concentrer sur un livre théorique quand je sais que je suis en train de rater quelques minutes de ces chers rayons lumineux cachés depuis 6 mois ? Avec Dorothy, nous avons donc flâné toute la journée, sans se soucier de l’heure de rentrer

 Le soir, nous avons rejoint les deux tourtereaux pour un apéro vin rouge et des centaines de petites bouchées (que nous avons toutes dévorées… le printemps ça creuse !) Et puis, légèrement échauffées par l’alcool, Dorothy et moi, nous nous sommes amusés à envoyer des textos à des numéros au hasard. Oui, très immature, je sais mais des fois ça fait du bien de retomber en adolescence !  Et le pire, c’est qu’un des trois numéros a répondu et nous avons alors entamé une conversation virtuelle dans laquelle, il me demandait comment j’étais habillée et moi, qui lui répondait en cheerleader. Cet échange profond s’est achevé bon enfant en se souhaitant bonne soirée mais Dorothy et moi avons quand même pensé quelques secondes que finalement, c’était simple de rencontrer quelqu’un de nos jours, à Montréal, il fallait juste composer des chiffres au hasard sur son cellulaire ! Mais bon, nous nous sommes quand même avouées que rien ne vaut une rencontre physique, à l’ancienne… Alors, les fiancés, ce n’est pas encore pour tout de suite…!

« Si tu es rapide au festin et lent à la course, mange avec tes pieds et cours avec ta bouche. »

MA chanson de la semaine : Kiss me forever de Julien Doré parce que c’est toujours sympatique d’écouter de la musique légère et rigolote!

         Je cours. Je cours constamment depuis deux semaines. Je me trouve rarement à l’appart et quand je rentre, j’ai à peine le temps de souffler devant la montagne de choses à faire. La fin de la session approche et avec elle, les dates des derniers travaux. Mon bac se termine dans quelques semaines et je dois me trouver un travail sérieux et qui me passionne d’ici là. Au milieu de tout ça, ma sœur et fausse jumelle, Kate, est venue de France, séjourner quelques jours chez ma mère. Cela faisait plus d’un an que je ne l’avais pas vu, j’ai donc voulu profiter au maximum de sa personne en alternant entre repas de familles pendant lesquels je suis redevenue la petite dernière martyrisée par ses deux sœurs ainées si parfaites, repas dans des restos japonais branchés où nous avons rattrapé le temps perdu en racontant nos vies mutuelles sentimentales palpitantes au lieu de manger les sushis qui refroidissaient, et repas arrosés de vin mais teintés de  légères disputes sur des vieux sujets sensibles parce que le naturel revient au galop même si la personne nous avait manqué… Et puis, fatalement, Kate a du remonter dans l’avion en direction de Paris et j’ai perdu une petite moitié de moi. Heureusement qu’on se retrouve dans 1 mois et demi !

Et puis, dans quelques semaines, c’est aussi la fin de la coloc de la rue Casgrain. Scarlett commence doucement à régler les détails de son départ et à dresser des « to do » listes sans fin. J’ai pris la résolution de passer le plus de temps avec elle pour ne pas connaître de regrets (résolution assez facile à tenir puisque nous habitons ensemble !) Par exemple, jeudi dernier, après une énième journée éreintante en cours, Scarlett, Dorothy et moi, nous nous sommes rejointes dans un pub irlandais pour célébrer la St-Patrick où nous avons dégusté des bières vertes fluorescentes (expérience d’ailleurs un peu déstabilisante car j’avais sans cesse l’impression de m’apprêter à boire un cocktail à la menthe). Le pub était bondé de jeunes universitaires avec des chapeaux et t-shirts verts. Nous étions assises à une place stratégique qui nous permettait de visualiser toute la salle, et par conséquent, nous avons décidé de nous amuser à noter les garçons. Aucun n’a récolté l’unanimité car nous semblons ne pas partager le même goût en matière d’hommes. Moi, j’avais tendance à préférer les clowns immatures, Scarlett, les hommes tatoués et plus âgés et Dorothy, les intellectuels au regard profond. Mais nous étions d’accord pour déclarer que personne ne méritait ce soir-là, un 5/5.

Apparemment, le serveur, qu’on appellera Tim, ne nous avait pas donné la meilleure note non plus. Nous avons en effet eu bien du mal à attirer son attention. Après 30 minutes d’essais discrets et de coups d’œil timides dans sa direction, j’ai cru avoir enfin été remarquée  et j’ai exprimé ma joie bruyamment devant ma réussite. Mais mon espoir fut vite déçu lorsque j’ai constaté qu’en fait, il n’avait eu de yeux que pour les deux jeunes filles, juste devant nous, aux camisoles moulantes et accotées au bar. J’avais été battue par des pros !

J’étais désespérée de ne jamais un jour reboire et j’avais perdue confiance en mon pouvoir de séduction lorsque Dorothy s’est décidée à attraper l’autre serveur, Mateo pour les intimes, qui nous a sauvées de l’humiliation si gentiment. Mais devinez qui s’est empressé de s’inquiéter, moins d’une minute après le passage de notre sauveur, de nos verres vides ? Ce fameux Tim, pourtant au départ insensible à notre charme…Il avait du sentir qu’il nous avait perdu et son intérêt avait grimpé d’une flèche. Son sens de la chasse avait repris le dessus ; nous n’étions plus à genoux à lui quémander de l’alcool. Ah les hommes : ils sont si prévisibles !

À suivre : Je craque devant le stress et je pars en escapade toute seule, loin de la petite italie….

Previous Older Entries